mercredi 18 mars 2015

Microsoft enterre Internet Explorer

Lancé en 1995, le navigateur de Microsoft a longtemps été la référence du marché, avant d'être éclipsé par ses concurrents. Le groupe de Seattle va le remplacer par un nouveau produit, dont le nom n'est pas encore choisi.



























Vingt ans après son lancement, Internet Explorer va prendre sa retraite,annonce le Financial Times à la une de son édition du 18 mars. Le navigateur qui sera intégré dans la prochaine version du système d'exploitation Windows de Microsoft a pour nom de code Spartan. "Il est censé catapulter Microsoft au delà du web 1.0 pour lequel Explorer avait été conçu", commente le quotidien britannique. Explorer continuera toutefois à fonctionner avec Windows 10, qui devrait sortir cet été.
Créé pour contrer Netscape à l'aube d'Internet, Explorer était rapidement devenu la référence du marché. Au tournant du millénaire, il était utilisé par 95 % des internautes. Puis Firefox (open source) et Chrome de Google ont commencé à lui tailler des croupières. Le marché est actuellement dominé par Chrome (50 %), Firefox et Explorer en ayant chacun 20 %.
Ces dernières années, Microsoft avait misé sur l'autodérision pour tenter de restaurer l'image d'Explorer, avec des publicités évoquant "le navigateur que vous adorez détester". Mais ces campagnes n'ont pas porté leurs fruits, constate The Verge. Et en décembre, rappelle le site américain, Dean Hachamovitch, l'homme qui a supervisé le développement d'Internet Explorer pendant plus de dix ans, a quitté l'entreprise.

jeudi 12 mars 2015

Baidu abandonne sa plateforme Cloud OS sur Android



Le géant de l'Internet chinois Baidu a finalement décidé d'abandonner ses travaux portés sur la plate-forme Android Cloud OS. Les mises à jour ne seront plus déployées.

En 2011, la société chinoise Baidu rêve de répliquer le succès de Google au sein de ses frontières. Après avoir lancé son propre navigateur articulé sur Chromium, la société entreprend de s'imposer sur le secteur mobile en concevant un système basé sur Android.

Baidu souhaite préinstaller sa plate-forme Cloud OS sur les terminaux des constructeurs chinois. Mais les premières tentatives auprès des partenaires de la société n'ont pas été payantes. Baidu préfère se concentrer sur son moteur de recherche, particulièrement prisé en Chine, ainsi que sur ses divers services disponibles sous la forme d'applications mobiles (cartographie, sécurité, navigateur...).

Selon nos confrères américains de Computerworld, l'équipe chargée du projet a publié un message sur le forum officiel de Cloud OS expliquant qu'une restructuration interne les obligeait à stopper le développement du système et le déploiement de mises à jour futures. Pour mémoire, Cloud OS est basé sur Android 4.0.

A l'heure actuelle, quelques tensions subsistent entre Google et le gouvernement chinois. Si la plupart des constructeurs adoptent Android, ils embarquent toutefois les applications et services d'éditeurs chinois. Notons au passage que le géant du e-commerce Alibaba tente également sa chance sur le secteur avec son propre système mobile YunOS.

lundi 9 mars 2015

Des voitures Apple ou Google ? Pourquoi pas des moulins à poivre Peugeot ?

Ca ne marchera jamais...

Carlos Tavares, le boss de PSA (Peugeot + Citroën) est certainement un type intelligent et compétent, mais il ne semble pas avoir grand chose d'un visionnaire. Interrogé, cette semaine au salon de Genève, sur le risque posé par un débarquement des géants de la Silicon Valley dans son pré-carré industriel, il a fait la réponse suivante : « Je ne les vois pas entrer dans l'automobile. Le ticket d'entrée est beaucoup trop élevé et demande un savoir-faire, des compétences, acquises sur des décennies, voire pour certains constructeurs plus de cent ans. »
C'est certain, ni Apple ni Google n'existaient il y a cent ans mais la fin de non-recevoir qu'il leur oppose ne rassure pas vraiment sur les capacités d'observation du dirigeant français.
D'abord, ces deux larrons-là s'intéressent de très près à la mobilité, affichent très clairement leurs ambitions, sont déjà allés chercher les meilleures équipes d'ingénieurs pour se mettre à niveau et, pour ce qui est du « ticket d'entrée », disposent de réserves financières qui leur permettraient de racheter trois ou quatre PSA avec ce qui ressemble à de la menue monnaie.
De fait, il n'y a plus beaucoup de secteurs de l'économie traditionnelle qui ne soient pas directement menacés par les nouveaux entrants de ce type, dans les services comme dans l'industrie. Et la réussite éclair d'Elon Musk, prototype du crâne d’œuf ayant d'abord fait fortune sur le Web avec PayPal avant de se mettre à bousculer l'univers automobile avec Tesla Motors, devrait amener Tavares à réévaluer ses certitudes.
Oui, les géants centenaires de la bagnole sont mortels. Oui, il est possible d'appliquer des méthodes de conception, de construction, de commercialisation d'un produit complexe totalement « disruptives » et directement issues de la nouvelle économie. Si ce n'était pas le cas, Tesla, avec ses parts de marché ridicules, ne vaudrait pas trois fois plus cher en bourse que PSA -- signe que les investisseurs sont ouverts au changement. Et si Tavares doute encore, qu'il se souvienne que sa propre entreprise, avant de fabriquer des autos, était surtout connue pour ses moulins à café et à poivre. On imagine que sa diversification dans l'automobile, en 1896, a bien dû faire rigoler chez les fabricants de carrioles tirées par des chevaux. Ils sont où, désormais, ces fabricants ?    

Littérature fiscale

Les Français ne sont pourtant pas toujours en retard d'une guerre en matière de perception de l'avenir. Témoin, ce différend entre le gouvernement gaulois et l'Union européenne, qui vient de décider qu'il était interdit de taxer le livre numérique au même niveau que le livre papier.
La France applique en effet le même taux de TVA réduit (5,5%) aux deux supports, considérant que ce qui compte, c'est le contenu. L'Europe dit le contraire, Houellebecq sur Kindle étant un « service » (donc taxable à 20%), et Houellebecq en version brochée restant de la littérature. C'est absurde. Et c'est un réfractaire (pour le moment encore, je me soigne) à la lecture de livres sur tablettes qui le dit. Et même un Européen convaincu, ce qui ne gâche rien.

Apartheid : où sont passés les guillemets ?

C'est désormais officiel, la France est un régime d'apartheid. Je veux dire, d'apartheid sans guillemets. Lancée, à mon avis fort maladroitement même si les intentions étaient sans doute louables, par Manuel Valls, l'expression est maintenant reprise par les médias et les politiques comme une évidence un peu partout en même tant que sont déclinés les moyens de lutter contre.
Qu'une analogie puisse être formulée entre un système juridique ségrégationniste et raciste (l'Afrique du Sud d'avant 1992) et une société où des discriminations objectives existent mais sont réprouvées et combattues par toutes les instances possibles et imaginables (la France contemporaine), c'est raisonnable. Mais que cette analogie se transforme en la description banalisée de la situation que nous vivons est extrêmement dérangeant. On dit que pour régler un problème, il faut être d'abord être capable de l'identifier. On n'en prend pas le chemin.

On ne peut vraiment pas rire de tout...

Peut-être êtes-vous passé à côté, tout va si vite en buzzland, mais le canular lancé par Nana, une marque produits d'hygiène féminine, au sujet d'un broyeur de serviettes périodiques portatif fait surréagir les médias qui étaient tombés dans le panneau. La boîte se serait rendue coupable, en cette Journée internationale de la femme, de traiter par dessus la jambe (hum...) un sujet aussi grave et sérieux et, surtout, aurait « menti » aux médias.
M'étant moi-même fait avoir dans un premier temps, même si je trouvais le concept assez bizarre, je ne partage pas l'opinion de ceux qui transforment un gag en délit. Il paraît que Mikado, en annonçant le lancement de biscuits sans chocolat, et Carambar, en évoquant l'arrêt des blagues du même nom, ou toutes les marques qui se lancent dans ce type d'opérations de communication décalées, rompent « le lien de confiance qui les lie aux consommateurs ». C'est en tout cas ce que prétend le spécialiste de la pub Florian Silnicki dans le Huffington Post, qui parle de « manipulation », de « cancer de la publicité », de « trahison » et de « décadence du marketing ».
Chez Nana, on répond fort pertinemment qu'il n'était tout de même pas question d'annoncer une cure contre le cancer mais juste d'un gag à propos d'un appareil censé broyer des tampons pesant près de un kilo et à transporter dans un sac-à-main... C'est plutôt rigolo. On conseillerait bien aux mauvais coucheurs de, comme on dit dans ces cas-là, j'ose à peine l'écrire, péter un coup, mais ça n'est peut-être pas une si bonne idée maintenant que l'on sait que le broyeur de protections intimes n'existe pas.

mercredi 4 mars 2015

Google dévoile Android Pay, sa plateforme pour applis de paiement

Contrairement à ce que Google Wallet propose, Google entend avec Android Pay laisser aux développeurs le soin de concevoir des applications de paiement.
Google Wallet est (bientôt) mort, vive Android Pay. C'est en substance ce qu'a expliqué le directeur exécutif de Google Sundar Pichai au World Mobile Congress le 2 mars, en présentant le système de paiement mobile qui tentera bientôt sa chance là où le porte-monnaie électronique de Google n'a pas su s'imposer. Le géant du Web a en effet changé son fusil d'épaule. Cette fois-ci, il devrait laisser aux développeurs extérieurs le soin de concevoir les applications : Android Pay leur servira plutôt d'outil disponible sous forme d'API, mais ne prendra pas la forme d'une application centralisée comme l'est par exemple Apple Pay.
Concrètement, Android Pay devrait permettre aux utilisateurs de stocker leurs informations de paiement et les transmettre de façon sécurisée aux applications tierces via son API. A ces applications, ensuite, de déterminer quand et où les utilisateurs pourront utiliser les cartes de paiement, par exemple via les applis des enseignes.
De la même façon qu'Apple Pay et Samsung Pay, la solution de Google fonctionnera avec un système de tokens, transformant le numéro de carte bancaire en un jeton servant uniquement à l'occasion d'une transaction, pour transmettre les données au terminal de paiement. Une façon de réduire les risques si la transmission est interceptée : le jeton déjà employé n'est plus utilisable. Android Pay utilisera le NFC comme Apple Pay et proposera une authentification biométrique comme le lecteur d'empreinte digitale du Galaxy S6 de Samsung.
Quant à Google Wallet, qui avait été dévoilé en 2011, il continuera d'exister et utilisera le framework d'Android Pay. Mais il est maintenant manifeste que Google entend se positionner davantage comme une plateforme que comme un rival direct d'Apple Pay ou de Samsung Pay. Le calendrier de sortie d'Android Pay n'est pas encore connu.

lundi 2 mars 2015

Uber annonce avoir été victime d'une intrusion informatique en mai dernier Et lance une plainte contre X pour retrouver les coupables

Vendredi dernier, par l’entremise de Khaterine Tassi, sa responsable des questions liées aux données privées, le service américain de voiture avec chauffeurs Uber a déclaré dans un billet blog avoir été victime d’une intrusion informatique ayant compris les données relatives à près de 50 000 conducteurs parmi lesquelles des numéros de permis de conduire et noms des conducteurs. L’accès non autorisé aurait eu lieu le 13 mai 2014 mais n’a été découverte qu’un peu plus tard le 17 septembre 2014. Uber tient à atténuer la portée de cette violation en expliquant que les 50 000 conducteurs de plusieurs Etats (américains) qui ont vu un accès non autorisé à leurs données représentent « un petit pourcentage des actuels et anciens partenaires conducteurs Uber ».

L’entreprise assure avoir changé les protocoles d’accès à sa base de données et prévenus les chauffeurs concernés. Les victimes de ce piratage se verront offrir une année de protection contre les vols d’identité. Mais Uber ne compte pas en rester là. Dans son billet, le service avançait avoir déposé une plainte contre X « afin que nous soyons en mesure de collecter des informations qui pourraient conduire à la confirmation de l’identité de la partie tierce ».

Uber a cité à comparaître pour l’aider à démasquer les internautes susceptibles d’être derrière le piratage des données des chauffeurs de taxi. Notamment en lui remettant les adresses IP de tous ceux qui ont eu à visiter un post spécifique – il est possible qu’il ait pu contenir des informations qui ont permis de s’emparer de la clé qui a été utilisée pour accéder aux données – entre mars et septembre 2014.

Uber a également lancé une plainte contre X dans la cour de Californie du Nord contre le mystérieux hacker. « Le ou vers le 12 mai 2014, à partir d’une adresse IP qui n’est pas associée à un employé Uber et donc inconnue d’Uber, X a utilisé une clé de sécurité unique pour télécharger des fichiers de base de données Uber contenant des informations confidentielles et exclusives depuis des ordinateurs protégés d’Uber », est-il écrit dans la plainte.

L’équipe de sécurité d’Uber connaît l’adresse IP utilisée par l’intrus et veut pouvoir la relier à toutes les adresses IP et noms d’utilisateurs qui ont parcouru un post spécifique hébergé par GitHub (et qui a d’ailleurs déjà été retiré).

Concrètement, Uber voudrait que GitHub lui fournisse « toutes les archives, y compris mais non limitées aux à journaux de transactions ou d'autres, à partir du 14 Mars 2014 jusqu’au 17 Septembre 2014, l'identification des adresses IP ou des abonnés qui ont consulté, ont eu accès ou ont modifié ces publications ainsi que la date / heure de l'accès, de la visualisation, ou de la modification, ainsi que des dossiers ou des métadonnées relatives au navigateur (c’est-à-dire les en-têtes http et même les cookies) ou les dispositifs qui ont consulté, eu accès, ou modifié ces publications ».

Notons quand même que dans son billet l’entreprise a expliqué que « nous n’avons pas reçu de rapports indiquant une usurpation de ces informations suite à cet incident ».

Source : Uber

dimanche 1 mars 2015

Quand les virus informatiques détruisent nos complexes industriels

Fin décembre, le gouvernement allemand a émis un rapport concernant une cyberattaque contre une aciérie, qui a eu pour conséquence des dommages conséquents causés à l'usine. L'événement a été largement médiatisé depuis, de la BBC à YouTube ; le SANS Institute (SysAdmin, Audit, Network, Security) a notamment fourni une analyse détaillée de l'attaque. Nombre de ces rapports, comme celui de Wired, ont désigné l'attaque comme « le second cas confirmé dans lequel une attaque numérique a entraîné la destruction physique d'équipements », la première étant Stuxnet.
L'attaque s'est produite seulement quelques semaines après celles de BlackEnergy, ce qui a attiré mon attention, ce cas-ci constituant une attaque bien plus fondamentale contre une infrastructure majeure. L'attaque s'est concentrée sur la contamination de composants d'interface homme-machine issus de divers fournisseurs. De même que dans l'attaque sur des infrastructures américaines de gaz naturel rapportée par US-Cert en 2013, BlackEnergy représente une initiative élargie contre des capacités industrielles, bien plus sérieuse que l'attaque unique de l'aciérie allemande.
La visibilité que donne cet incident quant au risque de cyberattaques est essentielle ; elle nous avertit que les attaques ciblées contre l'Internet des Objets en général et contre les infrastructures essentielles en particulier doivent être prises au sérieux.
Certains historiens des technologies désignent juin 2010 comme le moment où tout a changé. C'est le moment où Stuxnet a frappé et aurait neutralisé un cinquième des centrifugeuses nucléaires en Iran. Depuis, le public n'a eu connaissance que de quelques autres cas d'usage de cyberarmes, mais ne vous y trompez pas : depuis 2010, les pays et « des groupes renégats » collectent des renseignements en masse et mettent au point des cyberarmes dont il peut être facilement fait usage contre un ennemi.
Les anomalies et interruptions consécutives de la connexion internet en Corée du Nord sont attribuées, sans confirmation, à des représailles suite à la récente agression d'une entreprise basée aux États-Unis. Suivant cette tendance, il n'est pas inimaginable que les guerres du futur se déroulent largement sur Ethernet, infligeant aux infrastructures des dommages bien plus importants et coûteux que nous ne pouvons l'imaginer.
Ce n'est pas de la science-fiction. Le directeur de la NSA, Michael Rogers, l'a annoncé publiquement : la Chine pourrait neutraliser la totalité du réseau électrique des États-Unis et d'autres attaques similaires pourraient être lancées, constituant des menaces concrètes pour les simples citoyens. Le trojan HAVEX récemment découvert en est un autre exemple. Ce malware a infiltré un nombre indéterminé d'infrastructures essentielles en s'intégrant à des mises à jour logicielles diffusées par des fabricants de systèmes de contrôle. Ces attaques impactent des systèmes sur lesquels nous nous appuyons quotidiennement, notamment des systèmes utilitaires, des raffineries, des systèmes de défense militaire ou des usines de traitement des eaux.
Avec notre dépendance accrue aux technologies de l'information et nos systèmes interconnectés, nos efforts pour assurer à ces systèmes des défenses appropriées n'ont pas suivi le rythme. Par exemple, un simple pare-feu et des technologies de sécurité basées sur des règles ne garantissent pas la sûreté d'environnements diffusés ou virtuels, ni ne protègent d'attaques « jour zéro » ciblées où aucune signature n'a été développée. Les cybercriminels de niveau corporatif et les cyberterroristes d'échelle nationale peuvent facilement tirer parti de ces brèches dans notre armure défensive et lancer la prochaine attaque d'envergure.
Lors de la mise en place de nouvelles technologies, il est essentiel de faire de la sécurité un enjeu du débat plutôt que d'y faire face par un ajout après-coup ou même suite à une attaque. Notre capacité à sécuriser les intérêts commerciaux et intérêts nationaux requiert une posture « vers l'avant » contre les scénarios de plus en plus plausibles où une arme lancée contre nous sera peut-être bien plus silencieuse mais bien plus dévastatrice lorsque nous ferons face aux cyberguerres.